Evolution de la demande

Published on 2016年 9月 13日
Evolution de la demande

Seniors–Un marché d’avenir au Japon

 

Ne dites plus « clientèle seniors» au Japon, cela n’a plus de sens. Avec plus de 30 millions d’individus, ce segment est totalement hétéroclite, allant des seniors actifs primo-visiteurs aux retraités  oisifs susceptibles de rester pour de longs séjours jusqu’à l’émergence d’un tourisme du 4ème âge, voire d’un tourisme médical.


Le Japon, comme la Corée ou l’Allemagne, connait une croissance démographique négative, qui s’accompagne d’un vieillissement net de la population et d’une espérance de vie toujours plus longue. A horizon 2050, plus de 500 000 centenaires vivront sur l’Archipel (source : nippon.com) et la pyramide démographique est en train de totalement se transformer depuis le baby-boom des années 50-60. Avec à peine 1,4 enfant par femme, le Japon n’assure pas le renouvellement de sa population. Si sa population perd, en net, aujourd’hui environ 400 000 habitants tous les ans (pour 126,8 millions d’habitants en 2016), la tendance va aller en s’accélérant jusqu’à une perte de plus d’un million par an. Les experts divergent sur une éventuelle stabilisation à la fin du 21ème siècle autour de 80 millions d’habitants mais il s’agit d’une prospective qui dépend de nombreux facteurs, seule la situation à horizon 2050 étant déjà clairement établie en raison de l’inertie démographique.

Aujourd’hui, les plus de 65 ans représentent plus de 25% de la population (plus de 30 millions d’individus) et le ratio population à la retraite sur population active ne cesse d’augmenter, ce qui pose de réelles questions en termes de croissance économique, de main d’œuvre et de retraites. Au moins pour les 15 années à venir, la population senior restera la tranche démographique la plus aisée, les Japonais ayant épargné lors de la bulle des années 80/90.  En termes de potentiel touristique les seniors représentent donc « l’avenir du Japon » à court et moyen terme.

Le terme seniors ne veut cependant plus dire grand-chose tant il désigne un volume large et très disparate d’individus. On parle de seniors actifs (la retraite est fixée entre 60 et 65 ans avec possibilité tous les ans de proroger d’un an jusque 65 ans sur un contrat tacite entre l’employé et l’employeur ; mais les pensions de retraite étant réduites et le marché de l’emploi non saturé, de nombreux japonais reprennent un travail d’appoint après leur retraite). On parle du troisième âge mais aussi du quatrième âge et cette clientèle est la plupart du temps catégorisée par les agents de voyage selon des critères de mobilité que l’on retrouve explicitement définis pour chaque produit proposé : une première catégorie pour les personnes mobiles (qui peuvent prendre des escaliers, marcher au moins une heure, etc.), une deuxième pour les personnes à mobilité plus réduite et une dernière pour ceux qui ne peuvent quasiment pas se déplacer seuls. 


3 millions de voyageurs seniors (+60 ans) ont voyagé à l’étranger en 2015, ils représentent 18,2% des voyageurs japonais partis à l’étranger. Ils étaient 58% d’hommes pour 42% de femmes. 80% des seniors japonais choisissent les voyages organisés pour voyager à l’étranger (le chiffre descend à 60% sur la moyenne nationale). Les seniors voyagent en moyenne 1,7 fois / an à l’étranger, soit légèrement plus que la moyenne générale du marché japonais qui s’établit à 1,6. L’Europe est la première destination des voyageurs seniors (25%), contrairement à la moyenne générale qui privilégie sans surprise le Sud-Est Asiatique ainsi que les pays voisins (Corée du Sud, Chine, Hong Kong, Taiwan qui représentent 75% du marché (le rapport distance sur coût étant beaucoup plus favorable). Sources : JATA ANNUAL REPORT ; JTB TRAVEL REPORT 2016).


Par ailleurs, deux tendances récentes sont à constater : un allongement de la durée de séjour des voyages de seniors : les Japonais qui voulaient précédemment tout voir et cocher sur leur guide recherchent désormais une expérience unique, interactive et plus en lien avec l’autochtone. Les séjours Longstay se multiplient, allant parfois jusqu’à 30 nuitées dans la même ville ! Les raisons sont multiples : les seniors ont plus d’argent, plus de temps et ne sont plus les primo-visiteurs japonais des années 80. Ils reviennent parfois pour la cinquième ou dixième fois en France et souhaitent découvrir de nouvelles régions. Sans faire pour autant des voyages exclusivement thématiques, ils souhaitent intégrer une dose d’oenotourisme, de découverte de l’artisanat ou de tourisme vert à leur expérience.


Enfin de plus en plus de produits apparaissent autour du tourisme de soins. En effet, dans de nombreux domaines, la médecine française jouit d’une excellente réputation à l’international et se conjugue facilement avec des visites du patrimoine. Nikko Travel a lancé en 2014 un programme pour les seniors âgés de 80 ans, axé sur cette offre de soins conjuguée avec des visites franciliennes et normandes, en tout 7 nuitées à Paris et des dialyses dans une clinique parisienne !
Qui a dit que les seniors ne représentaient pas l’avenir ?