Conjoncture touristique

Published on 2016年 9月 13日
  • © Shiho/Atout France au Japon

Conjoncture touristique

L’inbound en croissance, l’outbound se maintient


La dépréciation de l’euro n’infléchit pas la tendance baissière du flux de touristes japonais vers l’Europe. Les agents de voyage relèvent en revanche  un impact moins fort des attentats de juillet  2016 que de ceux de novembre 2015. Le début d’une accoutumance ?


Du fait d’un yen à un niveau historiquement faible, le tourisme Inbound vers le Japon a considérablement augmenté ces 3 dernières années, passant de 8,3 millions de touristes étrangers en 2012 à 19,7 millions en 2015 (source Japan Nation Tourism Office JNTO). La Coupe du Monde de Rugby en 2019, les Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo, la croissance forte des flux de touristes asiatiques et le renouveau de l’intérêt international pour le « Cool Japan » ont permis au gouvernement de fixer un objectif officiel de 40 millions de touristes pour 2020 !

Le nombre de touristes étrangers progresse de 23,9% en glissement annuel en juin 2016. Les touristes chinois représentent 29,3% du total, devant les touristes taiwanais (20%) et sud-coréens (17,4%). Le rebond observé en juin est une bonne nouvelle pour le gouvernement en période d’appréciation du yen. Le niveau du yen a toutefois un impact sur les dépenses des touristes qui ont baissé de 9,9% en glissement annuel au 2ème trimestre. La baisse est particulièrement importante chez les visiteurs chinois (-22,9%). Sur l’ensemble du semestre, la hausse est de 28,2% avec 11,7 millions de visiteurs (Sources : JNTO, Financial Times, Japan Today).

Concernant les flux outbounds, la situation est beaucoup plus contrastée, depuis quelques années, et le premier semestre 2016 confirme cette tendance, les voyages des Japonais vers l’étranger sont sur une tendance stable autour des 17 millions de départs par an. Vers la France, les flux en 2013 et 2014 ont été stables, voire en croissance. Depuis 2015 et la vague d’attentats qui ont engendré un sentiment d’insécurité particulierement fort chez le touriste japonais, les chiffres sont à la baisse avec toutefois des résultats hétéroclites : Paris, la région Paris Ile-de-France (-19% en 2015, -56% au 1er trimestre 2016) et les destinations associées – Centre Val-de-Loire et Normandie en premier lieu, ont plus souffert que les autres  destinations (-11% en 2015 en France) des répercussions du terrorisme. Certaines régions, comme l’Occitanie, l’Alsace, Auvergne Rhône-Alpes ou l’Aquitaine ont mieux résisté à cette tendance baissière (source : enquête déclarative Atout France 2016 auprès des principales agences de voyages japonaises).  Dans le cadre de cette baisse sans précédent depuis 2010 de la fréquentation touristique en région Paris Ile-de-France, le Comité Régional du Tourisme de Paris Ile-de-France a communiqué fin août des chiffres issus d’une enquête menée par la DGE et l’INSEE. De cette enquête ressort une diminution de la fréquentation japonaise sur Paris Ile-de-France de 46,2% au premier semestre 2016 (versus premier semestre 2015) soit une perte de 126 000 touristes et une baisse de la consommation touristique de 98 M€.

Un fait reste indubitable cependant : l’amour intrinsèque des Japonais pour la France ne diminue pas, on constate plus un report, notamment des primo-visiteurs, pour leur voyage vers l’Hexagone attendant que « la situation se normalise ». Les individuels, et particulièrement les repeaters sont ceux qui reviennent le plus vite après les périodes de crise récentes. La part importante de voyages en groupe -notamment les seniors / les voyages entre femmes et les voyages scolaires, typologie de voyageurs étant les plus enclins à annuler leur séjour, explique la baisse conjoncturelle plus forte  sur le marché japonais. Toutefois, plus que les autres clientèles, les Japonais « oublient vite » : l’observation du marché montre qu’un délai de latence de 6 à 8 mois  est nécessaire après un évènement marquant comme ceux du 13 novembre 2015 à Paris, du 22 mars à Bruxelles ou du 14 juillet à Nice avant un retour à « la normale ».

Hormis l’Espagne en progression (+6% 1er semestre 2016 versus 1er semestre 2015), tous les autres concurrents majeurs de la destination France en Europe souffrent également de la désaffection des touristes japonais au premier semestre 2016. L’Allemagne (-11,4%), la Suisse (-8%), la Belgique, la Hollande (-13%), l’Angleterre (-15%) et dans une moindre mesure l’Italie perdent entre 5 et 15% de leurs arrivées en provenance du Japon pour ce premier semestre 2016. Les seuls pays qui progressent en Europe sont des destinations émergentes et plus anecdotiques en volume : certains pays d’Europe de l’Est - la Croatie notamment - et de Scandinavie comme la Finlande (Source : Atout France - veille auprès des autres offices de tourismes européens).